Résidents

Portraits d’artistes pour leur entrée en résidence, et portraits en VR dans leurs expositions de sortie de résidence.

Collaboration avec l’association les Écluses de l’Art.

Après deux mois de résidence à la Villa Antonine, les artistes Colette Schultz et Tian Jin présentent le fruit de leur travail lors d’une exposition de sortie de résidence ouverte au public. Leur projet commun est né d’un dialogue entre pratiques, cultures et sensibilités. Tous deux interrogent la mémoire, le temps et le paysage, en croisant des références issues de la peinture, de la narration et de l’image fragmentaire.


Colette Schultz développe une recherche à la frontière de la peinture et de la bande dessinée. Formée à la peinture chinoise lors d’un séjour à Hangzhou, elle en retient le rapport au geste, au vide et à la lenteur, qu’elle confronte à son goût pour le récit, le découpage et la séquence. À Béziers et plus largement en Occitanie, elle travaille à partir de la marche, de l’observation et de l’écoute. Ses images oscillent entre quotidien et onirisme, entre contemplation et narration, formant une constellation de fragments inspirés par la lumière du Sud, les paysages, les strates historiques et les résonances poétiques du territoire.


Tian Jin, peintre et vidéaste formé à l’Académie des Beaux-Arts de Chine et à l’ENSAPC, développe quant à lui une pratique centrée sur ce qu’il nomme des « fragments temporels ». Ses oeuvres puisent dans des moments de vie, des paysages traversés et des lieux marqués par l’histoire. Pendant cette résidence il explore à travers la peinture la manière dont le temps, la mémoire et les ruines s’entrelacent, faisant dialoguer passé et présent dans une approche sensible et fragmentaire de l’histoire.


L’exposition réunit peintures et fragments visuels qui se répondent, dessinant une géographie poétique entre deux cultures. La sortie de résidence est l’occasion de découvrir un travail en cours, né de l’immersion dans le territoire biterrois et du dialogue entre les deux artistes.


Lucas Zambon Les Daurades de la Piscine Municipale

Son travail s’inscrit dans une démarche pluridisciplinaire mêlant photographie, peinture, écriture, vidéo et installation. À la lisière des médiums, il développe des récits et des dispositifs où images, objets et mots dialoguent pour explorer les limites du visible.

À l’issue de sa résidence, l’artiste a proposé une lecture publique de son roman-exposition en cours d’écriture, accompagnée de pages imprimées présentées comme fragments du projet. Ce moment de restitution met en lumière une pratique pluridisciplinaire mêlant écriture, image et installation, où le réel bascule vers l’absurde, la poésie et l’ironie, et où les récits se construisent à la lisière du visible.


Cette exposition clôt une année de résidence consacrée à une enquête intime et plastique autour de la figure de Maurice Dubois, grand-père de l’artiste, disparu en 1953 dans un accident brutal. À partir de souvenirs familiaux, d’archives photographiques et de récits transmis par la dernière personne encore vivante à l’avoir connu, le projet interroge la manière dont une absence peut traverser le temps et façonner les existences.


Cette exposition clôt une année de résidence consacrée à une réflexion sur la figure humaine face aux mutations scientifiques, technologiques et environnementales contemporaines. À partir de son expertise en reconstitution paléoanthropologique, l’artiste développe un travail plastique qui interroge l’avenir des corps, de l’identité et de l’apparence dans un monde où la transformation de soi devient une norme.

Entre science, fiction et sculpture, les œuvres présentées composent un paysage de corps possibles, situés à la croisée du préhumain, du posthumain et du vivant en mutation. L’exposition propose une traversée d’un futur en gestation, où le corps devient une matière malléable, révélant à la fois nos désirs d’adaptation et les limites de ces projections.


L’artiste se définit comme « écollagiste ». Elle réalise ses œuvres à partir de prospectus, journaux et magazines, détournant ces images issues de la publicité pour composer des paysages et des scènes naturelles. Au premier regard, les œuvres évoquent la peinture. Peu à peu, fragments, signes et détails de leur origine imprimée affleurent, révélant un autre niveau de lecture.

Le projet s’est construit à partir d’une exploration sensible du territoire, de ses paysages, de sa flore et de sa faune. Photographies, dessins et aquarelles réalisés sur le motif nourrissent ensuite un long travail de découpe et d’assemblage. À travers des œuvres de grand format, parfois pensées en diptyques ou triptyques, le collage devient un espace de transformation, où des matériaux ordinaires et polluants sont recomposés pour faire émerger une nature réinventée, à la fois immersive et fragile.


Poctlii vient du Mexique, et il a réalisé pendant sa résidence un travail qui fait dialoguer son travail sur les peuples Nahuas avec des visuels issus de son séjour biterrois.

Il utilise ses recherches sur les cultures mésoaméricaines pour remplacer ou combiner les matériaux et techniques anciennes avec des méthodes et une esthétique contemporaines. Il emploie la fusion de techniques européennes comme la peinture à l’huile, ou ici acrylique, pour exprimer des thèmes liés à la perte de la culture précolonialeet à la diffusion des cultures mésoaméricaines.


Lola Rodriguez Tendre Usure

À la croisée de l’installation, du textile, du son et de l’olfaction, Tendre Usure explore les liens entre attachement, mémoire et vulnérabilité. Développé au cours de la résidence, le projet s’appuie sur la présence des doudous, objets intimes chargés de gestes répétés, de souvenirs flous et de tendresses enfouies.

À travers des matières usées, familières, parfois blessées, l’artiste interroge ce qui subsiste de l’enfance dans nos vies d’adultes, ce qui résiste et continue de soigner. Le projet a donné lieu à plusieurs installations ainsi qu’à une édition papier mêlant témoignages, essai hybride et livre d’artiste.


Patricia Dubois Nous Sommes Nature

Ce projet explore une peinture située entre figuration et Colorfield Painting. À travers une série de portraits de petit format, l’artiste met en scène des personnes mimant des éléments de la nature. Chaque toile est réalisée en camaïeu d’une seule couleur, afin d’explorer les possibilités expressives de la couleur en dialogue avec la figure humaine.

Issu d’un appel à participation, le projet s’appuie sur des photographies envoyées par les participant·es. « Par cette démarche, je souhaite stimuler l’empathie, le fait de se mettre à la place de… Comment se sent-on dans la peau d’un arbre, d’un nuage, d’un animal ? »


Araceli Villar Inmersión

Inmersión est une exposition née de six mois de résidence à la Villa Antonine. Pensée comme un hommage à l’art populaire méditerranéen, elle propose un voyage sensible à travers formes, motifs et influences liés à ce territoire, entre immersion personnelle et résonances collectives.


Théo Michel alias TO_LapsDes Liens Gravés

Ce projet de résidence s’inscrit dans une recherche autour de la mémoire, de l’héritage artistique et de la manière dont les récits se transmettent et se transforment dans le temps. En prenant pour points d’ancrage les deux villes où il a grandi et étudié, Béziers et Angers, l’artiste explore les liens historiques et symboliques qui relient ces territoires.

À partir d’un travail de recherche patrimoniale et iconographique, il met au jour des correspondances entre plusieurs figures majeures des XIXe et XXe siècles, notamment le sculpteur biterrois Antonin Injalbert, le statuaire David d’Angers et le peintre Jules-Eugène Lenepveu. Archives, anecdotes et documents deviennent une matière de travail qu’il réinterprète dans une démarche contemporaine.

Son travail plastique repose sur une approche presque archéologique de l’image. Photographies, dessins et documents sont retravaillés, simplifiés, puis gravés sur verre ou sur des matériaux collectés localement. Ces gestes établissent des ponts entre passé et présent, entre histoire officielle et mémoire sensible, et proposent une lecture renouvelée des œuvres et des territoires qu’elles traversent.